Le diagnostic technique

Introduction

Suite à la mise en place du Grenelle de l’environnement, l’amélioration des bâtiments existants est au cœur des préoccupations des acteurs de la construction. Nous allons ici vous présenter comment aboutir au perfectionnement des bâtiments existants : le diagnostic technique.

Pour maitriser la rénovation d’un ouvrage, il est nécessaire de détenir une solide expérience qui permette d' « apprécier » les phénomènes de dégradation et de vieillissement des ouvrages. Il est également important d'avoir un coup d’œil qui sache discerner les anomalies, souvent cachées, de la construction ancienne.

Le contrôleur technique travaille comme un médecin et doit savoir resentir les problèmes de tous types affectant un bâtiment.

Le diagnostic technique

La reconnaissance d'un ouvrage s'impose pour tous les projets de réaménagement ou de réhabilitation, ou dans le cas de désordres avérés.

Chaque étape du cycle de vie d’un bâtiment entraine de nouveaux risques. Ceux ci menacent la solidité, la pérennité des ouvrages mais aussi la sécurité des occupants. C'est pourquoi il est nécessaire de les évaluer afin d’optimiser la gestion et le suivi de l’état d’un patrimoine.

Le diagnostic est l'étape primordiale à toute décision d’intervention. Il doit être réalisé après consultation du donneur d’ordre afin de définir le champ d’intervention et les objectifs principaux.

Remarque : Le cout d’un diagnostic est généralement compensé par l’optimisation du coup des travaux induits. En effet, "Il vaut mieux prévenir que guérir". (la réparation d'un silo fissuré est moins onéreuse que de le reconstuire intégralement si celui ci s'éventre, par exemple)

Texte officiel (NF X 60-010)[1] : [Le diagnostic est] l’identification de la (ou des) cause(s) probables de la défaillance ou de l’évolution d’un ou plusieurs paramètres significatifs de dégradation à l’aide d’un raisonnement logique fondé sur un ensemble d’informations (inspection, contrôle, test).

Le diagnostic repose sur trois étapes :

  • Le constat de la situation (reconnaissance et description de l'ouvrage existant, identification des pathologies) ;
  • La comparaison entre l’état constaté et un état de référence (Etat neuf ou état de conformité, bilan des pathologies étali) ;
  • L’évaluation de l’écart par rapport à l’état de référence : causes, gravité, risques induits, etc.

La connaissance de la pathologie permet d’établir un diagnostic qui conduit à une recherche de solution (Note de calcul, plans, etc.) de réparation ou la mise en place de remèdes préventifs.



[1] NF X 60-010 (juin 1984 – indice de classement : X 60-010) : Maintenance- Vocabulaire de maintenance et de gestion des biens durables. Annulée en décembre 1994.

Objectifs du diagnostic technique

Plusieurs objectifs peuvent être recherchés lors de la mise en place d'un diagnostic technique :

  • Evaluer avant achat l’état de vétusté et / ou de solidité apparent d’un patrimoine ;
  • Mettre un bâtiment en conformité avec la réglementation ;
  • Evaluer techniquement un ouvrage suite à un sinistre ou l’apparition d’une pathologie, ceci permettra à l'issue de définir les solutions à appliquer ;
  • Procéder au changement de destination, à l’agrandissement ou remaniement de l’agencement des locaux (la réfection d'une toiture induit une vérification de la structure portante afin d'éviter tout sinistre).

Les domaines concernés par le diagnostic sont variables et concernent généralement l’une ou plusieurs des exigences essentielles auxquelles doit satisfaire un ouvrage, à savoir :

  • La solidité des structures ;
  • La sécurité des personnes ou des biens ;
  • La protection de la santé ;
  • etc.

Le diagnostic permet de réfléchir au choix les mieux adaptés au vu des différentes exigences à satisfaire.

Le niveau de précision et les moyens d’investigations mis en œuvre varient selon l’objectif recherché par le donneur d'ordre :

  • Transaction immobilière simple pour laquelle un examen visuel peut suffire ;
  • Intervention dans le cadre de l’entretien ou de la maintenance du bâtiment, on pourra alors rajouter des sondages et des essais ;
  • Réhabilitation lourde du bâtiment (défaut structurel, agrandissement, etc.), qui nécessite un relevé systématique des caractéristiques du bâtiment, des investigations in situ avec des mesures et des essais, une étude technique accompagnée de calculs pour justifier la solidité de l’ouvrage.

Préparation du diagnostic

Le diagnostic est préparé en interrogeant préalablement le donneur d’ordre. Cette enquête permettra ainsi de rassembler un maximum d’informations sur le bâtiment à diagnostiquer. Nous pouvons trouver ces informations auprès du propriétaire, des utilisateurs ou dans des archives existantes :

  • Type d’ouvrage, date de construction ;
  • Données existantes sur l’ouvrage : plans, descriptifs, essais antérieurs, relevés de l’existant ;
  • Historique des interventions antérieures ;
  • Nature des désordres existants, s’il y en a.

Un diagnostic doit être entrepris sans a priori sur l’origine des désordres : c'est pourquoi nous envisageons toutes les hypothèses, procédons par étapes, en allant du général au particulier.

La visite sur le site permet de se faire une opinion sur l’état de l’existant, en allant de l’examen général à l’analyse des points particuliers et en recoupant les informations et les premiers constats. On examine :

  • La nature des matériaux ;
  • Les états de surface : fissures, décollements des revêtements, corrosion des aciers ;
  • Les déformations éventuelles : flèches, faux aplombs, etc. ;
  • Les manifestations d’humidité : moisissures, infiltrations, condensation, etc. ;
  • La présence de matériaux dangereux : plomb, amiante, etc.
  • Etc.

On relève ensuite l’ampleur de ces manifestations qui peuvent être ponctuelles ou généralisées. Ces désordres sont bien évidemment collectés et repérés sur différents plans et dans le rapport technique.

Lorsqu’ils existent, les plans d’architecte ou d’exécution constituent un support qui permet de repérer les différents constats. S’ils sont datés, ils peuvent donner des informations sur les dates de construction et l’historique du bâtiment et de ses éventuelles transformations. C'est pour ces raisons qu'il est primordial de nous fournir toutes les données concernant le site à diagnostiquer.

Ces plans donnent également des informations sur la structure porteuse : épaisseur des murs, portée des planchers, poutraison, contreventements, présence de vides, etc. 

L’examen sur site permet de vérifier la conformité de ce qui est relevé par rapport aux éventuels plans de recollement : des transformations structurelles ont parfois été réalisées sans être identifiées sur des plans, ce qui peut être une source de désordres ultérieurs.

En l’absence de plans, des relevés in situ permettent d’en établir de nouveaux afin de fonder d’éventuels calculs et faciliter le métré des travaux ultérieurement envisagés. On procède alors à des relevés de la géométrie des structures, des sondages, des prélèvements pour des essais en laboratoire, des calculs de vérification.

Analyse des données

A la suite de ces investigations, nous mettons en place une note présentant :

  • La description sommaire des éléments faisant l’objet du diagnostic ;
  • La synthèse des différents constats ;
  • La liste des écarts par rapport à la référence, le cas échéant.

Le recoupement des différentes informations donne une idée de la nature des désordres. Il est alors possible de fournir :

  • Des recommandations sur les causes probables d’éventuels désordres ;
  • Des propositions de réparation, de renforcement ou de consolidation de structures ;
  • Des dispositifs de réparation des installations techniques ;
  • Etc.